Grand âge et dépendance : les propositions des deux candidats à la présidentielle

Après les conséquences dramatiques de la crise sanitaire dans les EHPAD puis le scandale Orpéa, les questions de santé et d’accompagnement de la perte d’autonomie sont remontées au premier plan des préoccupations des Français.

À l’approche du second tour des élections présidentielle, quelles mesures envisagent les deux candidats, Marine LE PEN et Emmanuel MACRON, pour assurer un quotidien serein, heureux et décent à nos aînés ?

I – Emmanuel Macron: favoriser le maintien à domicile

Après avoir abandonné le projet de loi sur le grand âge, promis durant son quinquennat, Emmanuel Macron a déclaré vouloir «permettre à chacun de vivre le grand âge à domicile tant qu’il le peut. ». 

Emmanuel MACRON veut aider les seniors à “vieillir chez eux”, changer le quotidien des personnes en perte d’autonomie. 

Pour cela, le candidat entend revaloriser les salaires des aides à domicile et soutenir financièrement les aidants. Des actions concrètes : adaptation des logements au vieillissement et deux heures supplémentaires d’aides soignants. 

Sur le principe de Ma Prime Rénov’, pour la rénovation thermique, Emmanuel Macron propose Ma Prime Adapt’. Cette prime pourrait correspondre à un remboursement de 40% à 90% des montants moyens des travaux, selon les revenus du foyer (Luc Broussy, spécialiste de l’économie des séniors, a proposé ce système pour aider les seniors à mieux vieillir). Le candidat s’engage à ce que plus de 500 000 foyers bénéficient de cette prime dans les dix prochaines années. 

Macron propose également plus d’heures à domicile pour les personnes âgées. Les modalités doivent être définies avec les collectivités et les personnels soignants concernés. Il souhaite enfin plus de 10 000 créations de postes dans les EHPAD.

Le rôle, le fonctionnement et la gestion des EHPAD doivent être revus. Emmanuel MACRON veut, notamment, recruter 50 000 infirmiers et aides-soignants supplémentaires en Ehpad d’ici 2027 (25% de plus qu’aujourd’hui). Les Ehpad devront donner un rôle plus important aux soignants, aux familles et aux résidents dans la gestion de l’établissement.

Dans un autre domaine, une autre mesure qu’il estime importante : accompagner le deuil en simplifiant au maximum les démarches pour la famille.

Une fin de vie plus humaine : lancer une convention citoyenne qui associera citoyens, spécialistes de l’éthique, professionnels (il esquisse sur le sujet l’hypothèse d’un référendum).

 

II – Marine Le Pen : valoriser le statut des aidants 

Marine Le Pen, qui se présente à l’élection présidentielle pour la troisième fois, oriente essentiellement son programme sur l’aide des proches des personnes âgées.

Sa proposition : deux mesures clés pour soutenir les proches aidants. 

  • Le dispositif actuel de congé de proche aidant est limité à trois mois. Marine Le Pen entend étendre sa durée à un an, dans la carrière de la personne concernée. Le congé sera également rémunéré d’après les revenus de l’aidant, et non plus un traitement fixe. 
  • Selon un principe identique, un proche aidant pourra bénéficier d’une indemnité de domicile. Il pourra recevoir un traitement s’il choisit de vivre pendant son congé avec la personne en perte d’autonomie. 

Pour la candidate d’extrême-droite, soutenir les proches des seniors éviterait des dépenses auprès des organismes sociaux et des personnels soignants. Les proches aidants remplacent ainsi les auxiliaires de vie et les aides-soignants à domicile.  

Marine Le Pen évoque, d’autre part, la gestion des traitements en EHPAD, l’insuffisance des soins médicaux.  La candidate veut imposer un médecin coordonnateur pour chaque maison de retraite. De même, une infirmière doit obligatoirement être présente 24 heures sur 24 dans l’établissement.

Enfin, si Emmanuel Macron envisage la question de la fin de vie (sous-entendu l’euthanasie) avec une « convention citoyenne »,  Marine Le Pen, pour sa part, préfère éviter le sujet, souhaitant un « moratoire » sur les sujets sociétaux « qui divisent profondément les Français ».

III – Conclusion.

Durant la campagne électorale du 1er tour des présidentielles les questions d’âge et d’autonomie n’ont pas mobilisé le débat public. 

Vieillir est pourtant l’affaire de tous. Certes, personne n’aime à y penser, pourtant, chacun de nous peut un jour se trouver confronté à une situation de dépendance… qu’il s’agisse de soi-même ou de l’un de ses proches. L’affaire Orpea aura au moins eu le mérite de donner un coup de pied dans la fourmilière et de remettre la prise en charge de nos aînés au cœur de l’actualité.

Après plus de vingt ans de silence, de report de vraies réformes, et face à l’évolution démographique, et il est temps que le prochain Président de la République mette en place (et assume) une véritable politique du vieillissement. Il en va de l’intérêt national.

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