Prolongement éventuel du confinement pour les personnes âgées ?

Lors de son allocution télévisée, lundi 13 avril 2020, Monsieur Emmanuel Macron a livré une nouvelle date de fin du confinement en France : à savoir le 11 mai prochain. Mais, a-t-il ajouté, ce déconfinement sera « progressif » et même évolutif « en fonction de nos résultats ».

Un déconfinement repoussé pour les personnes âgées et fragiles ?

Concernant les personnes âgées et fragiles, notre Président a précisé : «Pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester même après le 11 mai confinées, tout au moins dans un premier temps».

Sa déclaration n’a fait que conforter l’inquiétude des personnes âgées et de leurs proches après que Madame Ursula Von der Leyen, Présidente de la Commission Européenne ait préconisait «que les personnes âgées restent confinées chez elles jusqu’à la fin de l’année 2020», reprise par certains médias tels que le Figaro ou le magazine Valeurs Actuelles qui a même titré «Les personnes âgées vont devoir se confiner jusqu’à la fin de l’année».

Il est cependant à souligner que la Présidente de la Commission n’a évoqué ni confinement, ni de date précise : «Sans vaccin, les contacts des personnes âgées doivent rester aussi limités que possible. Je sais que c’est dur et que la solitude est déprimante. Mais des vies sont en jeu – pas seulement les nôtres. Nous devons rester disciplinés et être très patients», avançait-elle-même dimanche 12 avril 2020 dans les colonnes du quotidien allemand Bild.

Monsieur Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé, est revenu sur les propos d’Emmanuel Macron, mardi 14 avril, sur RTL. Sans donner plus de précision : «Nous n’avons pas dit, en France, que le confinement dans les Ehpad durerait jusqu’à Noël. Madame Von der Leyen a évoqué cette idée-là. Nous n’avons pas dit en France que les personnes âgées devraient rester confinées jusqu’à la fin de l’année. Nous avons donné une seule date, qui est la date du 11 mai, à partir de laquelle nous voulons procéder à un déconfinement progressif tout en continuant à protéger les plus fragiles.»

Un débat sur les mesures d’âge « limite ».

Interrogé sur un éventuel âge «limite», Olivier Véran a rappelé que «les deux tiers des patients « en réa » sont âgés de plus de 60 ans. Lorsqu’on monte encore en âge, c’est là que nous avons les plus gros taux de mortalité, et d’hospitalisation en réanimation». Il a toutefois estimé qu’il «serait très difficile de déterminer un âge seuil au-delà duquel ce serait plus risqué et en dessous duquel ce le serait moins. Au-delà de la question de l’âge, le Président de la République a aussi parlé des fragilités : maladies respiratoires ou cardiaques sévères, qui les rendent plus fragiles par rapport au risque viral. Nous nous appuyons comme depuis le début sur les autorités scientifiques, sanitaires, pour déterminer quelles doivent être les caractéristiques les plus à même de protéger les personnes les plus fragiles. C’est ce que nous ferons dans les semaines à venir. Il n’y a pas eu jusqu’ici d’âge limite établi. Si un âge limite devait être établi ce serait sur recommandations des scientifiques, j’attends ces recommandations».

Pour leur part, une partie des autorités scientifiques semblent convaincues de la nécessité d’un confinement étendu dans le temps pour les personnes à risque. C’est le cas notamment du président du conseil scientifique Covid-19, Jean-François Delfraissy. Mais ce jeudi 17 avril, lAcadémie Nationale de Médecine a fait savoir qu’elle s’opposait à un déconfinement par tranche d’âge, qu’elle juge « stigmatisante » et de rappeler que les mesures de confinement sont « des souffrances morales induites » qui « ne doivent pas être sous-estimées ».

Sur la forme que pourraient prendre ces mesures, Jérôme Salomon a (vaguement) esquissé une piste lors de son point quotidien, mardi 14 avril. A une question portant sur l’âge des personnes et les critères de confinement après le 11 mai, le directeur général de la santé a évoqué le rôle des médecins traitants : «J’ai encouragé ces personnes « fragiles » à appeler les médecins traitants, et les médecins traitant à les appeler volontairement aussi, pour qu’elles discutent ensemble. D’une part du suivi le plus adapté à leur pathologie, et d’autre part aux conditions à respecter pour le confinement. C’est une démarche individuelle et collective, puisque le Président a été très clair : il faut que nous protégions au mieux les personnes les plus vulnérables. C’est une démarche que je souhaite de confiance entre la personne et son médecin traitant.»

Ainsi l’ensemble des déclarations du gouvernement vont plutôt dans le sens de mesures non contraignantes. «A ce stade, il s’agit d’une recommandation du chef de l’Etat vis-à-vis des personnes âgées et fragiles, a précisé la porte-parole de l’exécutif, Sibeth Ndiaye. Le gouvernement n’a pas acté la mise en œuvre d’un déconfinement différencié. Des consultations auront lieu, notamment avec des épidémiologistes.»

Mais peut-on imaginer que des mesures de confinement obligatoire soient prises uniquement pour certaines classes d’âge ? Et dans un tel cas de figure, de telles mesures seraient-elles constitutionnelles ? «On se pose la question depuis quelques jours, et c’est difficile à dire, estime Didier Maus, président émérite de l’Association internationale de droit constitutionnel. On a toujours le droit de différencier, mais il faut un critère objectif, ce qu’est l’âge, et que ce critère soit cohérent avec l’objectif. Là ça devient plus compliqué. Tout dépendra de ce que compte faire le gouvernement. Est-ce qu’on aura des éléments suffisants pour estimer un âge à partir duquel on a plus de chance d’être contaminé, ou juste un âge à partir duquel on meurt plus ? Ce n’est pas la même chose. Et l’âge n’est pas le seul critère : il y a d’autres populations à risque. Comment va-t-on les définir ? Le problème du risque c’est que c’est une notion difficile à cerner en droit.».

Heureusement, cette période difficile n’est, bien évidemment, que temporaire ! Mais quelle en sera la durée ? Combien de personnes âgées vont mourir en Ehpad ou même à domicile du confinement, de l’isolement, de la solitude ?

OXALINE, qui s’est adaptée à la situation, reste, plus que jamais, présente pour localement aider et accompagner les personnes fragilisées par l’âge, la maladie ou le handicap à mieux vivre à domicile, car c’est sa mission. OXALINE sait que sans une assistance professionnelle et appropriée aux besoins des personnes le maintien à domicile n’est plus possible…

 

DERNIERE MINUTE : L’Elysée a annoncé, dans la soirée de vendredi 17 avril, qu’il n’y aura pas de barrière d’âge pour le déconfinement à partir du 11 mai. ll sera seulement conseillé aux personnes qui se savent fragiles, en raison de leur âge de rester confinés (ce qui à contrario sous-entend qu’il sera permis à tous les seniors qui sont en forme de sortir du confinement comme les autres). Une bonne nouvelle ?

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